Une enquête interne peut être parfaitement menée.
Et pourtant, tout peut encore basculer au moment de la restitution.
Que dit-on à la personne qui a donné l’alerte ? À celle qui a été mise en cause ? Aux témoins ?
Et que fait-on lorsque les faits ne sont pas établis, mais que le mal-être exprimé, lui, est bien réel ?
Avec Sylvie Cavalie, Directrice des Affaires Sociales du groupe CANAL+, nous avons voulu nous arrêter sur ce moment dont on parle finalement assez peu : celui où l’enquête se termine et où l’entreprise doit décider ce qu’elle fait de tout ce qui vient de lui être confié.
Je l’ai choisie parce que Sylvie pratique et accompagne des enquêtes internes depuis longtemps. Elle en a vu beaucoup, dans des contextes et avec des issues très différentes : des faits établis ou impossibles à corroborer, des restitutions qui apaisent et d’autres qui provoquent colère, incompréhension ou effondrement.
Et surtout parce qu’au-delà de sa maîtrise technique, Sylvie porte un regard profondément humain sur ces situations. Elle n’oublie jamais que derrière un rapport, il y a des personnes qui ont parlé, une personne qui a alerté, une autre qui a été mise en cause, des témoins… et parfois tout un collectif qui a été secoué.
Un épisode pour parler très concrètement de ce que l’on restitue — ou non —, de l’ordre dans lequel on informe les personnes, de la confidentialité des témoignages, de la place des représentants du personnel, mais aussi de ce qui vient après.
Parce qu’une enquête peut être terminée sur le papier alors que, dans l’entreprise, le sujet est parfois loin d’être refermé.
Et c’est peut-être là la vraie question : qu’est-ce que l’entreprise fait de tout ce qu’on vient de lui confier ?